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L’importance du nombre

Il y a quelques semaines, j’ai vécu une situation sur les médias sociaux qui m’a fait réaliser l’existence d’une petite hypocrisie qui existe entre les « spécialistes » des médias sociaux. Celle-ci concerne l’importance qu’on accorde au nombre de « J’aime » sur Facebook et au nombre d’abonnés sur Twitter, notamment. Plus tôt dans la semaine, on m’avait fait la remarque que mon compte Twitter était peu suivi et que cela nuisait à ma crédibilité en tant que consultant en marketing Web. Cette remarque m’a un peu piqué et depuis ce temps je m’occupe de façon plus assidue de mon compte Twitter, privilège que je n’accordais jadis qu’aux comptes de nos clients.

Quelques jours passèrent. Pendant que j’effectuais une veille sur Twitter, un autre spécialiste publiait un article sur l’impertinence de faire l’achat de fans Facebook ou d’abonnés Twitter, article que partagea la personne qui m’avait fait la remarque. Pour ceux qui ne le savent pas, il existe des entreprises qui proposent aux gens de payer une certaine somme afin d’obtenir en retour des abonnés ou des « J’aime », par exemple, sur leurs médias sociaux. Certains services, plus dispendieux, proposent même d’obtenir des abonnés ciblés, c’est-à-dire sélectionnés en fonction du domaine d’activité de leur client. Sur le fond, cette pratique est effectivement peu recommandée. Se procurer des fans de la sorte, bien que cela aura un impact sur vos chiffres primaires, risque à l’inverse de nuire au taux d’activité sur vos réseaux et de miner sérieusement le taux de conversion de votre audience en clients. Je pense cependant que dans notre milieu, il existe une certaine hypocrisie à ce niveau.

En effet, au cours de la même veille, j’ai entrepris de parcourir les abonnements du spécialiste ayant publié l’article afin de suivre à mon tour certains comptes intéressants. Ma surprise a été de constater qu’au moins le tiers des comptes suivis par le dit spécialiste sont des comptes anglophones (alors qu’il s’adresse à son audience essentiellement en français) qui mentionnent dans leur description #teamfollowback par exemple, ce qui signifie qu’ils vous suivront en retour si vous les suivez. Ainsi, cette personne dénonce d’un côté l’achat d’abonnés et, de l’autre côté, suit des comptes dans l’unique but d’être suivi en retour. Inutile de dire que les abonnés ainsi acquis n’ont aucune valeur ajoutée pour vos médias sociaux et n’ont même pas l’avantage d’être ciblés. C’est ce qui me pousse à croire qu’il y a une certaine hypocrisie là-dedans. L’attrait d’augmenter son audience est fort et obtenir quelques fans supplémentaires sans effort peu parfois être tentant sans être bien grave, mais il faut faire preuve d’intégrité et éviter de dénoncer une pratique que l’on utilise soit-même.

Ce qui me déplaît dans cette histoire, c’est le double discours. D’un côté, on véhicule le message qu’il faut éviter de tomber dans le piège d’avoir des abonnés seulement pour augmenter le chiffre, mais de l’autre, on met en doute la crédibilité de quelqu’un parce qu’il a peu d’abonnés ! En réalité, beaucoup d’importance est accordée au nombre de fans et au nombre d’abonnés. D’ailleurs, lorsque nous réalisons un plan marketing pour un client, son but premier est souvent d’atteindre un certain nombre de « J’aime ». Cette attitude est compréhensible. Sur les médias sociaux, le nombre de personnes qui composent votre audience joue le même rôle qu’une belle bâtisse pour une entreprise qui a pignon sur rue. On dit souvent que le succès attire le succès, et ce n’est pas différent sur les médias sociaux. Un fan potentiel, sur Facebook par exemple, aura beaucoup plus l’impression de passer à côté de quelque chose en ne vous suivant pas si votre page compte des milliers de membres. Sa propension à cliquer sur J’aime s’en trouve ainsi augmentée. C’est pourquoi à mon avis il faut éviter de ridiculiser l’achat d’audience. Ce n’est pas pour autant une pratique qu’il faut considérer lorsqu’on vise une approche stratégique des médias sociaux : ça paraît plutôt mal si on s’en rend compte, et ça fausse énormément les données. C’est pour cela que nous ne suggérerons jamais cette option à un client, puisqu’à notre avis, les données et les statistiques sont un avantage à ne pas négliger dans les stratégies en ligne. Cependant, il faut éviter de se mettre la tête dans le sable et avouer que ce n’est pas un concept aussi bête et inutile qu’il en a l’air.

En terminant, j’aimerais donner un petit conseil aux consommateurs qui utilisent les médias sociaux pour se faire une idée sur un produit ou une marque. Évitez de porter un jugement sur une entreprise seulement sur la base du nombre de « J’aime », d’abonnés, de relations ou de personnes ayant la dite entreprise dans leur cercle. Comme le prouve l’achat d’audience, ce nombre ne fait pas foi de tout. Certaines entreprises sont extrêmement compétentes et peinent à atteindre les 50 fans, alors que d’autres sont excessivement négligentes envers leur clientèle et récoltent les fans sans effort. Attardez-vous au contenu !

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