Itremma Affaires Web

Manifestation et Guerre sur le Web (SOPA, Anonymous, Megaupload, blackout)

Chaque vendredi, Itremma fera l’analyse d’une tendance du Web de la dernière semaine. Que ce soit une initiative marketing, un phénomène viral ou une nouvelle qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux, nous décortiquons ces tendances et vous préparons à la fin de semaine avec une touche d’humour !

 

 

 

 

J’ai réécrit cet article plusieurs fois, car la semaine a été pour le moins mouvementée, voici pourquoi :

  • Début de semaine : Discussion sur le Blackout comme mouvement de protestation contre le projet de loi SOPA (qui fait la grève et Wikipedia va-t-il devenir noir pendant 24 heures ?)
  • Mercredi : Blackout! (ils l’ont fait, mais pas tous)
  • Jeudi matin : Les élus américains reculent (c’est là que je commence mon article style « pouvoir au peuple »)
  • Jeudi après-midi : Le FBI ferme Megaupload (hum, choix de date stratégique?)
  • Jeudi soir : Anonymous réplique (À non!, ça, ce n’est pas bon pour mon article pouvoir au peuple, ça devient du terrorisme)
  • Vendredi : SOPA et PIPA sont mortes et réécriture de ce billet

 

J’ai placé cet article dans la catégorie tendance parce que ce sont les sujets les plus échangés de la semaine et que ces évènements illustrent une tendance beaucoup plus forte, la cyberguerre ou la WWWW (World Wide Web War), comme le disait Yann Gonthier, chroniqueur médias sociaux, pour décrire les évènements d’hier soir (Jeudi). Si nous n’avons pas encore les 2 pieds dedans, on se sauce les orteils. Avant, il y a eu l’attaque en Iran, le fait que les militaires américains se pratiquent pour la cyberguerre et la naissance d’Anonymous. Ces éléments pourraient passer pour isolés, mais depuis cette semaine et tous ces évènements, elle est à la face du monde. La guerre dont on parle utilise des claviers et non des fusils. Je le dis parce que j’ai lu des commentaires qui parlaient de 3ième Guerres Mondiales, et c’est minimiser les horreurs des 2 premières.

Revenons un peu sur ces évènements.

Le blackout

Le premier à en parler sérieusement, Wikipedia, proteste contre le projet de loi SOPA, car il responsabilise le propriétaire au contenu, incluant les liens qui se trouvent sur son site. On s’entend que pour eux, ça devient pratiquement ingérable et la fermeture les attend. Des rumeurs voulaient que les grands y participent, mais il faut bien prendre conscience de ce que vaut une journée de blackout pour eux. Le jour du blackout, Wikipédia est bien devenu noir (la version anglaise), de même que plusieurs sites plus ou moins connus (Itremma par exemple y est allé d’un blackout « if SOPA no Itremma », ce qui est totalement faux, mais je trouvais ça drôle dans le contexte). Les géants eux ont tout de même protesté à leur façon (Google, Facebook). Cette loi serait un cauchemar de gestion et selon eux un frein à l’innovation dont les États-Unis ont toujours fait preuve dans le domaine.

Les élus reculent (pouvoir au peuple)

Le président Obama avait annoncé ses couleurs quant à ce projet de loi tel que présenté. En passant, on peut rire un peu des interventions de Ruppert Murdock (je ne lui confierais pas mes enfants) à ce sujet. Barack à tout de même payé le prix de cette déclaration en se faisant couper les vivre de Hollywood pour sa prochaine campagne. Toujours est-il que les élus ont reculé le lendemain du blackout et qu’aujourd’hui le projet serait rejeté complètement. Alors, en théorie, il n’y a pas de problème, les gens ont protestés, les élus sensibilisés et la loi rejetée.

Le FBI ferme Megaupload

Mégaupload et ses filiales sont des sites de partage de fichiers dont certains peuvent être consultés en « streaming« . Très pratique pour écouter des films et téléséries américaines, entre autres. La grande industrie du divertissement a bien remarqué cette facilité avec laquelle on peut violer ses droits d’auteur et elle crie depuis longtemps pour la fermeture de tels sites. Cette semaine, le FBI les a écoutés et a fait fermer le site directement à partir du nom de domaine. Pour ma part, je crois que le problème de cette fermeture n’est pas qu’une pauvre entreprise honnête vient de se faire enlever son gagne-pain, car je ne crois pas que Megaupload fasse partie des respectables. Bien que le site contenait du contenulégal ça ne prenait pas très longtemps pour se rendre compte que la majorité du contenu était piraté. Une petite description de Kim DotCom le hacker-escroc à la tête donne aussi un indice sur le genre de compagnie qu’était Mégaupload. Le vrai problème de cette fermeture c’est que les Américains peuvent se faire justice sans procès partout dans le monde avec une arme à 100% sous leur contrôle le .com. Nous sommes pratiquement obligés d’utiliser ces domaines et les Américains nous montrent bien que la-dessus, c’est eux qui ont le contrôle (autour de 90 millions de domaines peuvent être débranchés sous prétention de piratage). Ils ont le contrôle et montrent qu’il peuvent l’exercer sans procès et pour l’instant sans que les autres pays n’interviennent. Je m’arrête là parce qu’ici on parle de tendance, je vais plutôt ouvrir une nouvelle catégorie pour suivre le dossier. On continue avec les évènements de la semaine.

Anonymous réplique

Anonymous est un groupe de hackers qui milite, entre autres, pour un Internet libre. Dans le propos, difficile de ne pas les appuyer, d’autant plus que l’image qu’ils ont réussie a créer est invitante. Pour ce qui est des moyens, je dois dire que c’est plus difficile, en particulier pour cette riposte trop rapide à mon goût et en plus pour défendre une compagnie pas si respectable voir indéfendable. Pendant le blackout, il y avait une vague convaincante, un mouvement citoyen pour défendre ses libertés. Anonymous ne nous a pas laissé nous prononcer sur la question de Megaupload qu’elle était déjà en action : un DDoS sur les sites de ses ennemis. Je vois bien les supporteurs d’une loi se dire que les protestants sont guidés par des terroristes et que finalement leur combat est juste et qu’il faut trouver une protection efficace.

SOPA est PIPA sont mortes… pour l’instant! Elles peuvent revivent sous plusieurs formes et la fermeture de Megaupload n’est-elle pas une preuve de cette volonté des Américain de sévir au nom des ayants droits?

 

 

 

Un article de .

Commentaires

  1. Je suis pour un « internet libre », lorsque cette liberté n’enfreint pas le droit des autres, et lorsqu’elle est encadrée par certains devoirs.

    Beaucoup utilisent leur protestation à la censure (un beau principe, une belle vertu) pour défendre un énorme vice: la possibilité de voler du contenu.

    Lorsqu’on sera capable de séparer ce vertueux combat pour la liberté et le combat de ceux qui volent le travail d’autres, on pourra revoir notre attitude face à ce terrorisme.

    Je ne dis pas ici que SOPA était une bonne réponse au poblème: mais comment se fait-il que personne ne soutienne le droit aux artistes (et, oui, aux compagnies et aux lobbys qui les chapeautent, parfois), à ce qu’on respecte leur travail et à ce qu’on paie notre juste part pour la consommation de leurs produits?

    1. Il faut effectivement trouver une solution pour diminuer le piratage (Je crois qu’il est impossible à enrayer). Seulement, je crois que la liberté sur Internet est prioritaire et pour ça, il faut que la solution contre le piratage soit légale et passe par procès au lieu d’une solution technique monopolisée par un seul pays. Je ne veux pas laisser tout le contrôle au Américains (ou un autre) et j’espère que les pays vont protéger le droit à se défendre de leurs citoyens. Il est un peu triste qu’Anonymous détourne l’attention en défendant Mégaupload et en piratant lui-même les catalogues des grandes maisons. Ce n’est pas le bon message et on peut se perdre dans ce débat. On ferme après jugement et selon les lois du pays où l’infraction a été commise. Je serais curieux de voir la réaction des autres pays si c’était la Russie ou pire l’Iran qui prenait de tel dispositions ;-)